Comment appréhender les lumières artificielles ?Hello jeunes reporters, comment allez-vous ? J'espère que le soleil a réchauffé votre coeur, illuminé vos journées et vos photos... Mais vous voilà tout à coup en reportage à l'intérieur d'un laboratoire de recherche ou d'une salle de conférence. Un espace clos sans lumière du jour. Comment réagir ? comment photographier ? comment utiliser le flash ? C'est à ces questions délicates que je vais tâcher de répondre ce mois-ci.
Madame la fée électricité est passée par là, nous disposons aujourd'hui d'une multitude d'éclairages différents. Dans notre langage courant, on parle aisément de néons, de lampes halogènes, de flash. Mais à quoi correspondent ses termes ? où se situe la différence ? Tout photographe qui se respecte doit apprendre à connaître leurs caractéristiques et les couleurs qu'elles restituent sur le film.
Clin d'oeil malin
Faîtes l'expérience. Vous êtes dans une pièce aux murs blancs. Qu'elle soit éclairée par le soleil, par une lampe halogène ou une bougie, les murs vous apparaîtront toujours blancs. Grâce à un processus complexe de correction par le cortex cérébral, votre oeil compense. Mais la pellicule photographique couleur n'a pas cette capacité, et résultat : sur vos tirages, les murs seront tour à tour blancs, verts, jaunes ou dorés.
Petit tour d'horizon des différentes sources d'éclairage
Les lampes tungstènes
Ce sont les ampoules classiques dites lampes à incandescence. A l'intérieur de l'ampoule, il y a un filament de tungstène qui est relié aux deux bornes du courant. Lorsque ce dernier arrive, il échauffe le filament, ce qui produit un dégagement de lumière. Les lampes tungstènes donnent un éclairage plus jaune que le soleil. On obtiendra une image qui aura une teinte orangée.
Les lampes halogènes
Ce sont des lampes à vapeur d'iode dont l'enveloppe est faite de quartz. Par rapport aux lampes tungstènes, elles sont plus puissantes, plus stables et surtout fonctionnent plus longtemps. Mais le rendu est le même : des teintes chaudes.
Un mot d'ordre : Patience !
JLa lumière du soleil, -le plus nécessaire de tous les auxiliaires du photographe- est en fait le seul élément incontrôlable. Quand vous êtes en intérieur ou en studio, vous pouvez braquer vos projecteurs où vous voulez, mais quand vous êtes en extérieur, vous devez accepter la lumière comme elle se trouve ou attendre patiemment que l'éclairage se modifie naturellement.
Premier réflexe : toujours regarder d'où vient le soleil
La plus légère variation de température ou de condition atmosphérique transforme l'aspect d'un paysage ou d'un lieu. Ces changements produisent des effets spectaculaires. Outre le fait que vous avez le choix du moment, vous pouvez aussi modifier la position de votre appareil par rapport à la lumière.
5 heures du matin. Paris s'éveille. Il fait encore nuit. Par la magie de son éclairage halogène, la gare de Lyon revêt une teinte orangée. Dans mon souvenir, le décor était gris et la lumière bien plus jaune.
Les tubes fluorescents
A l'intérieur d'un tube de verre, on trouve des vapeurs de mercure, un gaz rare (le néon ou l'argon) et un revêtement de poudre blanche fluorescente. Lorsque le tube est traversé par le courant électrique, il y a ionisation des vapeurs de mercure qui émettent des ultra violets et font réagir la poudre blanche fluorescente. L'éclairage est doux, très stable, consomme très peu d'électricité. Par contre, entre le violet, le vert et le jaune. il est très difficile de savoir quel sera la couleur dominante sur le film. Tout dépend de la nature du gaz et de la poudre qui est à l'intérieur du tube. Beaucoup de lieux publics, comme le métro où les gares sont éclairés avec des tubes fluorescents. Il est impossible de prévoir à l'oeil nu le rendu d'un éclairage fluorescent. Seule solution : faire des tests et des repérages. A partir du moment où on a déterminé la dominante, il est possible de l'éliminer à l'aide de filtres spécials.
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Dans le cas de la Gare de Bercy, à Paris, la dominante verdâtre donne un aspect irréel au lieu.
Le flash électronique
Il est réglé telle la lumière du jour. Il ne crée pas de dominante sur le film. Le flash ne sert pas seulement à apporter de la lumière dans le cas d'un faible éclairage, il modifie aussi la qualité de l'éclairage. On peut l'utiliser en intérieur et en extérieur. Autre avantage : le photographe peut régler son intensité.
Principe de base
Quand on travaille au flash, il faut absolument simplifier la composition. Le principe : toujours placer le sujet au premier plan. Quand vous arrivez dans une pièce où vous devez photographier un personnage, commencez toujours par étudier à quel type de lumière vous avez affaire.
Vous avez deux solutions :
flash only
La lumière du lieu ne vous plaît pas, vous décidez que le flash sera la lumière principale. Vous mettez votre sujet au premier plan et vous optez pour un fond noir. Attention cependant à vous rapprocher de votre sujet. Quand la distance est double, la puissance du flash est quatre fois moins forte.
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Cette photo a été prise de nuit au Carnaval de Bâle en Suisse. Le personnage déguisé est parfaitement éclairé par le flash tandis que l'arrière plan composé des spectateurs est complètement noir. Ceci simplifie certes la composition mais l'image a un aspect peu naturel.
Le fill-in ou flash d'appoint
Sur la plupart des appareils photos récents, il existe une position fill-in qui permet de diminuer l'intensité du flash et de récupérer l'ambiance. C'est une fonction très utile dans le cas où vous voulez récupérez l'ambiance. Si tel est votre désir, placez votre sujet au premier plan, de sorte qu'on puisse voir le décor.
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Toujours au Carnaval de Bâle. L'aube pointe son nez. Sur ma photo, je voulais le meneur de la clique et son environnement. On discerne les tambours et le décor de la rue. On ressent mieux l'ambiance du carnaval.
Le flash en extérieur : Déboucher les ombres
La lumière diffusée par un ciel gris produit une image aux couleurs délavées et manquant de contraste. Dans une telle condition, le flash d'appoint permet de simuler le soleil direct en donnant plus de présence à l'image. Cette technique est très souvent utilisée en reportage par les photographes qui ne peuvent pas toujours attendre qu'il fasse beau pour opérer.
Ces deux photos ont été prises lors d'une visite guidée avec des enfants sur le Vieux Rhin en Alsace. L'action du flash pour déboucher les ombres est évidente. Dans un cas, on ne voit pas l'expression de l'animatrice, de l'autre, on la voit.
le contre-jour
Vous avez le soleil en face de vous. Le sujet est baigné dans l'ombre. Résultat : la scène est très contrastée. Vous ne pouvez pas avoir le sujet et le ciel bien exposé. Il faut choisir. Si vous choisissez le ciel, vous obtiendrez votre premier plan en silhouette.
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Éclairés par l'arrière, les roseaux se profilent en silhouette sur le ciel nuageux. Comme vous pouvez le constater, ce type d'éclairage met l'accent sur la forme des objets mais donne très peu d'information sur les volumes, la forme et la couleur des objets.
Pour finir ce petit cours sur le flash, il me reste à vous parler d'un problème auquel vous avez certainement déjà été confronté: Les yeux rouges
Quand l'axe de prise de vue est proche de l'axe du flash, la lumière de l'éclair illumine la rétine des yeux dont les vaisseaux sanguins se réfléchissent en rouge vif. Pour éviter le phénomène des yeux rouges, il faut se rapprocher de son sujet. Quand on photographie à une distance inférieure à 3 mètres, il n'y a plus de problème. Si l'on veut photographier de loin, il faudrait décentrer le flash.Prochain épisode : Les légendes de photos