La nécessité de l’éducation à l’environnement
Pour la plupart d’entre nous, les atteintes à l’environnement prennent la forme de nuisances locales : pollution de l’air liée à la circulation automobile, pollution des eaux provoquée par les engrais, les pesticides ou les rejets industriels, nécessité de gérer les déchets en nombre croissant… Pourtant, c’est de plus en plus, à des enjeux globaux que nous allons devoir faire face (réchauffement climatique, trou de la couche d’ozone, réduction accélérée de la biodiversité, débat sur les OGM, sur l’énergie, gestion des océans). La pression qu’exerce l’humanité sur son milieu de vie est aujourd’hui tellement forte qu’elle menace les équilibres globaux de la planète. Ainsi, le réchauffement climatique provoqué par nos consommations croissantes d’énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) pourrait se manifester avant la fin du XXIème siècle par des bouleversements majeurs du milieu de vie dans lequel évolue l’être humain depuis son apparition sur Terre.
C’est au début des années 70 qu’est tirée la première sonnette d’alarme avec la parution du Rapport du Club de Rome, "The limits to Growth" (1972). Ce rapport est la synthèse des travaux d’une équipe du Massachusetts Institute of Technology (MIT) constituée à la demande du Club de Rome. Grâce à la modélisation informatique, ces chercheurs mettent, pour la première fois, en évidence le fait que dans un monde fini l’utilisation exponentielle de ressources non renouvelables n’est pas durable.
The Limits to Growth marque la première étape d’une prise de conscience progressive ponctuée par la succession de grandes conférences internationales (Conférence de Stockholm en 1970, Sommet de la Terre à Rio en 1992, à Johannesburg en 2002), la signature de conventions internationales (sur la biodiversité en 92, sur les changements climatiques en 92, sur la désertification en 94) et par les premières actions concrètes de protection de l’environnement.
Les 30 dernières années ont également été marquées par l’élaboration de nouveaux concepts, la notion de "Développement Durable" en particulier s’impose peu à peu. Ce concept qui promeut la réconciliation des sphères économiques, sociales et environnementales, a été défini dès 1987 dans le rapport Bruntland intitulé "Notre avenir à tous", comme « un développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».
Pour atteindre cet objectif, de nouveaux outils font leur apparition : nouveaux indicateurs tenant compte de paramètres sociaux et environnementaux (à la différence du PIB, exclusivement économique), élaboration des agendas 21 à partir de la conférence de Rio, véritables programmes de déclinaison territoriale du développement durable… Parmi ces outils, l’Education à l’Environnement occupe une place déterminante régulièrement réaffirmée lors des grandes conférences internationales générales (Rio, Johannesburg) ou spécifiques (Tbilissi en 1977).
La communauté scientifique internationale s’accorde de façon croissante sur le fait qu’en matière d’environnement, les décennies à venir seront déterminantes pour l’avenir de l’humanité. La prise de conscience et la responsabilisation de l’ensemble des acteurs de la société (politiques, entreprises, citoyens, consommateurs, étudiants…) apparaît comme un préalable fondamental à toute forme d’action efficace. Pourtant, la majorité de la population est peu informée sur les menaces environnementales et n’est pas capable de mesurer leur complexité et l'importance de leurs impacts. Nous n’en avons pas entendu parler à l’école et il n’existe aucune formation continue des adultes sur ces sujets. Dans ces conditions, comment réagir ? Comment obtenir des évolutions de comportements sur les quelques dizaines d’années à venir pendant lesquelles nous pouvons encore infléchir le mouvement ?
L’éducation à l’environnement est l’un des moyens majeurs de cette évolution puisqu’il s’agit de former les enfants et les adolescents pour qu’ils deviennent acteurs de leur propre futur. Les ‘‘générations futures’’, celles à qui nous allons léguer une terre abîmée, sont déjà là. Peut-être avons-nous beaucoup à apprendre d’eux ? Le tri est à cet égard exemplaire : nombre de familles l’ont mis en place suite à une activité scolaire sur ce thème.
Le programme Jeunes Reporters pour l’Environnement consiste à donner aux enseignants un cadre et des outils pour sensibiliser et former leurs élèves aux grandes questions environnementales. Quand les jeunes s’investissent, ils ont une force de persuasion et de mise en mouvement de leur entourage que pourraient leur envier les militants les plus convaincus.