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NEWS EN DIRECT DE L'ARCTIQUE !

 


Arctic Arc, ils l'ont fait ! 15 Juin 2007

Alain Hubert et Dixie Dansercoer ont atteint ce matin la côte nord du Groenland. Ilétait 11h45 (GMT+2) lorsque les deux explorateurs belges Alain Hubertet Dixie Dansercoer ont atteint le littoral nord du Groenland.
Ils sont partis le 1er mars 2007 du cap Arktichewski, ont atteint le pôle Nord le mercredi 25 avril et ont planté leur tente au pied même des montagnes du Groenland en ce jeudi 14 juin.

L'aventure aura donc duré 106 jours et la distance accomplie aura été de 1 650 km; ce chiffre sera sans doute revu à la hausse une fois qu'Alain sera rentré et donnera une estimation précise des kilomètres supplémentaires parcourus à cause des innombrables détours qu'ils ont dû faire tout au long de leur trajet.

Alain Hubert et Dixie Dansercoer viennent de réaliser une grande première mondiale, le trajet Sibérie-Groenland en passant par le pôle Nord n'ayant jamais été tenté jusqu'ici. Les conditions dans lesquelles cette aventure a été menée, en ne prenant pas le moindre jour de repos, notamment, et en bravant les conditions que l'on sait, situe cet exploit sportif hors du commun parmi les plus brillantes épopées de l'histoire des pôles.
De plus amples informations sont disponibles sur notre site d'aventures polaires.

Groenland en vue (13 juin 2007)

Cela fait maintenant une semaine qu'Alain Hubert et Dixie Dansercoer ont aperçu au loin le profil des montagnes dominant la côte groenlandaise : une vision quelque peu surnaturelle, après 100 jours passés à ne voir que des blocs de glace gelés. Aujourd’hui, pour la première fois, ils aperçoivent distinctement le littoral groenlandais, puisqu'ils ne se trouvent plus qu'à une vingtaine de kilomètres de leur but.

Ces dernières semaines ont été les plus rudes de l'expédition. Alain et Dixie n’en reviennent pas d’avoir rencontré un terrain si accidenté à l'approche du Groenland. Souvenez-vous, cela était dû à la fonte anormale des glaces de la mer de Lincoln qui avait provoqué un incroyable chaos sur leur route, les obligeant à modifier leur trajectoire. Mais, au-delà des kilomètres supplémentaires qu’ils ont dû effectués, nos deux hommes s’inquiètent des changements inattendus qu’ils ont pu observer ces dernières semaines.

Tout au long de leur expédition, Alain et Dixie ont rencontré des perturbations. Jamais ils n'ont pu progresser longtemps sur une banquise lisse et régulière. Ils ont réuni leur traîneau pour franchir des leads (des voies d'eau de plusieurs mètres de large) plusieurs centaines de fois. Des milliers de fois, ils se sont retrouvés face à des blocs de glaces de plusieurs mètres de haut. Ceci, sans parler des conditions météorologiques inhabituelles dans cette région du monde : du très mauvais temps malgré une haute pression atmosphérique (signe habituel de beau temps), et une température trop élevée à l'approche des côtes. Ces signes témoignent à quel point les changements climatiques ont modifié l'océan Arctique depuis une quinzaine d'année !
Heureusement, à quelques heures de marche du Groenland, Alain et Dixie retrouvent enfin des conditions plus stables.

"Maintenant, c'est clair", nous raconte Alain Hubert par téléphone satellite, "les glaces sont à nouveau anciennes et forcément plus stables. Ce qui s'est passé dans la mer de Lincoln, je ne le comprendrai jamais. Mais je pense en tout cas que nous sommes définitivement sortis des gros problèmes et qu'on peu désormais envisager la fin de notre expédition avec plus de sérénité."

Aux dernières nouvelles Alain et Dixie n'ont plus que pour 4 ou 5 jours de nourriture. Une fois le Groenland atteint, pour les deux hommes, toute la question consistera dès lors à dénicher une zone de glace suffisamment plate pour permettre à l’avion, un Twin Otter canadien qui doit venir de Resolute Bay pour les récupérer, de se poser. En espérant que le temps se montrera suffisamment clément pour permette la récupération des deux explorateurs.
Pour l'instant, les deux explorateurs doivent maintenir leur concentration jusqu'au bout de leur voyage car la moindre inattention peut s'avérer tragique, tant ces régions sont hostiles !

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La banquise fond inhabituellement vite (30 mai 2007)

Alain Hubert et Dixie Dansercoer ont été ralentis tout au long de l’expédition par des conditions climatiques inhabituelles et par des glaces étonnamment fragiles ou fracturées : que se passe-t-il donc en Arctique ? Quoi qu’il en soit, nos explorateurs accélèrent le rythme pour essayer tout de même d’arriver jusqu’au Groenland avant la fonte de la banquise.

Lors de cette expédition, les conditions rencontrées par Alain Hubert et Dixie Dansercoer sont très différentes de tout ce qu’ils avaient vécu jusqu’ici en Arctique : « Je n'ai jamais vu un temps pareil dans l'Arctique. », explique Alain. « Depuis que nous sommes partis, c'est-à-dire depuis maintenant 84 jours, nous avons eu seulement quatre jours de beau temps. Hier par exemple, le grand beau a été au rendez-vous depuis le matin jusqu'à la mi-journée environ. Ensuite, le temps a été plus que couvert et la journée s'est terminée par un whiteout complet. Ce soir, on ne voit pas à trois mètres de la tente. Que se passe-t-il donc avec la météo? »

En ce qui concerne la banquise elle-même, les conditions sont également extrêmement bizarres : en allant vers le pôle Nord, ils ont vu des glaces étonnamment jeunes et friables. Ils ont également été étonnés de voir que de nombreuses fractures s’étaient produites près du pôle lui-même, dans une région où la glace est d’habitude stable. Enfin, la banquise de la mer de Lincoln, près de l’embouchure du Robeson Channel, s’est disloquée bien plus tôt que normalement, obligeant Alain et Dixie à modifier leur route pour atteindre le Groenland. Que se passe-t-il donc ? Quelle est l’origine de tous ces changements ?

Pour en savoir plus l’IPF a obtenu un interview de Leif Toudal Pederson, un grand spécialiste de l’imagerie satellite des régions polaires. Il est formel : le fait que la banquise se disloque aussi tôt à l’embouchure du Robeson Channel est tout à fait anormal. Depuis que les satellites surveillent les régions arctiques, on n’a jamais vu des conditions similaires à ce qui se passe actuellement. Tout cela est probablement causé en partie par les changements climatiques et en partie par des conditions cycloniques particulières. Il faudra cependant attendre des données complémentaires pour en savoir plus.

Ce qui est certain, c’est que les changements qui ont lieu actuellement en Arctique sont impressionnants. Alain et Dixie en sont les premiers spectateurs, atterrés de voir la vitesse à laquelle la banquise se disloque presque sous leurs pieds, comme le montre cette image satellite (en rouge, la nouvelle route qu’ils vont suivre). Ils marchent désormais au moins dix heures par jour et avancent maintenant de quelques 20 kilomètres par jour, grâce à la meilleure qualité de la glace, à la dérive qui leur est favorable et au poids de leurs traîneaux qui diminue de jour en jour. Il ne leur reste plus que 260 kilomètres avant d’atteindre la côte du Groenland !
Pour en savoir pluis, consultez le dossier pédagogique sur les changements climatiques ainsi que l'animation sur ce même thème.

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Changement de cap ! (11 Mai 2007)

Depuis qu’ils ont passé le pôle Nord, Alain Hubert et Dixie Dansercoer avancent dans des conditions très difficiles qui les ont ralentis. Ils ont donc pris du retard sur le calendrier prévu pour l’expédition. L’équipe de prévisionnistes qui les suit leur a conseillé de changer de cap s’ils veulent encore avoir une chance d’atteindre le Groenland.

Le 26 avril dernier, Alain et Dixie atteignaient le pôle Nord. Depuis, ils ont avancé dans des conditions bien plus difficiles qu’auparavant : tempêtes, jours blancs, neige fraîche cachant de l’eau ou des dépressions, chenaux d’eaux libres, labyrinthes de blocs de glace de plusieurs mètres de haut à franchir, etc. Le fait qu’ils aient été contraints de tirer leurs traîneaux à pied pendant 18 jours de suite sans pouvoir chausser leurs skis laisse deviner la mauvaise qualité du terrain. Alain a décrit une de ces journées de calvaire par téléphone satellite : "[…] Les blocs qui sont sur notre route peuvent mesurer jusqu'à trois ou même quatre mètres de haut! Alors, souvent, Dixie qui poussait le traîneau se mettait à crier, à ahaner à chaque dose d'effort, comme lorsque l'on veut faire avancer une bête, et moi, j'étais la bête qui, devant, obéissait à chaque injonction... On a bien ri en fait, mais c'était quand même très dur. Si je ne l'avais pas déjà déclaré à plusieurs reprises, je dirais bien ce soir que ce fut une des plus terribles et des plus fatigantes journées de l'expédition. Mais cela a-t-il encore un sens de dire cela...?"

Bien que les conditions se soient légèrement améliorées ces derniers jours, nos deux aventuriers sont obligés de regarder la réalité en face : ils ont avancé plus lentement que prévu et ont pris du retard. Or, les glaces ont déjà commencé à fondre : il ne faut pas oublier qu’Alain et Dixie avancent sur un océan gelé, qui fond partiellement pendant l’été...

Pour les aider à décider du parcours à suivre, une équipe suit de près l’expédition « Arctic Arc ». Grâce à des photos satellites fournies par l’Agence Spatiale Européenne, ils ont pu voir que la banquise avait déjà commencé à se morceler sur la route que nos deux explorateurs avaient prévu de suivre. Alain et Dixie vont donc changer de cap et partir plus à l’est que prévu, pour tenter d’atteindre le Groenland avant que la banquise sur laquelle ils avancent ne se disloque. Ce changement de programme leur permettra de raccourcir de 300 kilomètres la distance qu’il leur reste à parcourir avant d’atteindre la terre ferme !

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Une course contre la montre (24 Mai 2007)

Alain Hubert et Dixie Dansercoer continuent leur route dans la zone peu fréquentée de l’Arctique qui sépare le Pôle Nord du Groenland. Même s’ils avancent rapidement, ils commencent à se demander si le temps suffira…

Le quotidien, pendant une expédition polaire, est en général réglé comme du papier à musique : se lever à 7 heures, cuire le petit déjeuner, ranger le camp, marcher pendant 8 à 10 heures en alternant l’homme qui marche « en tête » à intervalles réguliers, s’arrêter pour monter le camp, manger… Cependant de nombreux imprévus rendent chaque jour différent : la météo, la différence du terrain sur lequel ils évoluent, les paysages parfois féeriques, etc. Il est passionnant d’écouter Alain Hubert (en français) et Dixie Dansercoer (en anglais) raconter eux-mêmes leur quotidien dans l’interview qu’ils ont donnée, via le téléphone satellite.

Comme ils le disent tous deux, ils ont pris un bon rythme et avancent à une vitesse moyenne de 13 kilomètres par jour (ou 15 kilomètres par jour si on tient compte de la dérive des glaces). C’est bien, mais est-ce que cela suffira ? En effet, il leur reste encore plus de 550 kilomètres à parcourir avant d’arriver au Groenland. A cette vitesse, ils devraient y arriver vers le début du mois de juillet, ce qui est très tard dans la saison. En effet, la banquise fond, en été… Le suspens reste complet : arriveront-ils à rejoindre le Groenland avant que la glace n’ait trop fondu ?

En outre, les conditions de marche dans cette zone mal connue de l’Arctique ne sont pas faciles et nos deux explorateurs doivent tracer leur route de manière à compenser la dérive des glaces, ce qui rallonge leur chemin. « C'est une évidence, », explique Alain « nous sommes à une période charnière de l'expédition, car d'une part le temps presse et de l'autre, ce qui nous perturbe un peu, c'est que nous ne savons absolument rien au sujet des conditions qui nous attendent d'ici quelques jours. Il faut savoir en effet que personne jamais n'est passé par ici et qui sait si nous n'allons pas rencontrer des zones de glace quasiment infranchissables? Comment va se comporter la dérive? Depuis que nous avons quitté le pôle, nous marchons en quelque sorte de travers pour compenser l'effet de la dérive arctique. Devra-t-on continuer à progresser de cette façon ? »

Cela dit, malgré les inquiétudes qui commencent à poindre pour la suite du trajet, Alain et Dixie profitent de chaque jour avec plaisir et poésie, puisque, comme l’explique Dixie dans son interview, le simple envol d’une fine plaquette de glace dans le vent suffit à les émerveiller !

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Après le pôle, l’inconnu (9 mai 2007)

Alain Hubert et Dixie Dansercoer entament la deuxième partie de leur aventure : la traversée d’une partie très peu fréquentée de l’Arctique, celle qui sépare le Pôle Nord du Groenland. Et même si les conditions ne s’annoncent pas faciles, nos deux explorateurs gardent un moral à toute épreuve !
Peu d’expéditions s’aventurent de « l’autre côté du pôle nord », entre le pôle et le Groenland. C’est donc en terre « inconnue » ou « mal connue » qu’Alain et Dixie avancent désormais. Déjà, les conditions changent et deviennent plus difficiles. Quatre jours après avoir quitté le pôle, ils ont rencontré un chaos de glaces presque impossibles à franchir :

"C'était horrible", a expliqué Dixie hier au téléphone. "Evidemment il faut dire que nous sommes environ 70 kilos plus lourds à cause du ravitaillement. Mais en plus, les éboulis auxquels nous avons dû faire face étaient franchement difficiles à franchir. Bien souvent d'ailleurs, la banquise était tellement disloquée, éclatée, que nous devions, Alain ou moi, monter sur un de ces gigantesques blocs de glace afin de voir par où il valait mieux passer. Souvent aussi, on devait s'y mettre à deux pour faire passer les traîneaux. Et, lorsque quelques décimètres carrés de terrain plat se présentaient, on s'enfonçait jusqu'aux genoux dans la neige"

"Le fait de trouver un terrain à ce point disloqué aussi près du pôle est incompréhensible," a précisé Alain. "De l'autre côté du pôle, lorsque nous étions en approche, c'était la même chose. Normalement, à cette distance du pôle, la banquise est moins désordonnée, moins lézardée. Pourquoi avons-nous alors un tel terrain? Sans doute à cause d'énormes tempêtes qui se sont succédées dans cette zone il y a quelques semaines ou quelques mois. Je ne vois pas d'autres explications..." Cela étonne Alain d’autant plus que, normalement, il n’y a plus de grosses tempêtes en Arctique à cette période-ci de l’année !

Les jours suivants, Alain et Dixie ont été obligés d’abandonner les skis et de tirer leurs traîneaux à pied :"Une épaisse couche de neige s’est déposée sur la glace." explique Alain. "Cela nous oblige à ôter les skis et à marcher. Or cette épaisse couche de neige s'est durcie et forme une surface sur laquelle il est quasiment impossible de skier tant la glisse est mauvaise. […] On marche plus que l'on ne skie. Ce qui signifie que la tension entre le traîneau et l'homme est permanente. Il n'y a pas comme de l'autre côté (du pôle Nord [ndlr]) des moments de répits lorsque le traîneau glisse sur sa lancée. Maintenant, il faut tout le temps tirer, tirer, tirer comme des bêtes..."

Bien qu’ils avancent lentement dans ces conditions difficiles (ils avancent de 8 ou 13 kilomètres seulement en un peu plus de 8 heures d’efforts chaque jour), Alain et Dixie gardent le moral et prennent même le temps qu’il faut pour prendre des mesures scientifiques pour un programme d’étude de l’Agence Spatiale Européenne.

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Ils ont atteint le Pôle Nord ! (2 Mai 2007)

Après de nombreux jours de progression dans des conditions toujours difficiles, Alain Hubert et Dixie Dansercoer sont enfin arrivés au pôle Nord ! Et même s’ils ont subi des tempêtes répétées, des vents hurlants et des brouillards impénétrables, ce qui les a marqué est l’environnement inhabituellement « mouillé » dans lequel ils évoluent : la banquise fond.

Les jours de mauvais temps se sont succédés. Tempêtes, brume persistante et vents, rien ne leur a été épargné. Nos deux aventuriers se demandent encore comment ils ont fait pour avancer aussi vite avec des conditions aussi difficiles.

Seul le jour précédant leur arrivée au pôle a été parfait : grand soleil et ciel bleu ! "C'était fantastique", a expliqué Alain Hubert, "de voir la banquise ainsi éclairée par les rayons du soleil. De plus, comme les températures ont franchement grimpé depuis quelques jours, nous avons passé une journée vraiment mémorable. La glace, de son côté, a aussi été meilleure : tous les leads (Ndlr : voies d’eaux libres) étaient gelés, ce qui fait que nous avons progressé de 22 km en 9h30 sans trop nous fatiguer..."

Nos explorateurs étaient donc heureux et sûrs de franchir le lendemain les 20 derniers kilomètres qui les séparaient du pôle en quelques heures faciles… il en fut tout autrement. Ce fut un enfer : "Je ne comprends plus rien," a expliqué Hubert par téléphone satellite, "le paysage d'hier était complètement chamboulé, il y a avait de nouveau de l'eau partout, des chenaux à n'en plus finir. Des zones de glace qu'on ne parvenait pas à contourner, des passages extrêmement dangereux et des zones sans horizon. Nous avons dû rebrousser chemin à diverses reprises, ce fut une de nos journées les plus difficiles."

Après 13 heures de lutte, ils ont finalement atteint le mythique pôle Nord ! Depuis le début de l’expédition, Alain et Dixie ont effectué 930 km en 54 jours, à la moyenne journalière donc de 17.2 kilomètres par jour (sans compter les dérives). Mais il leur reste encore plus de 3200 kilomètres à parcourir avant d’arriver à l’extrême sud du Groenland !

Malgré toutes les difficultés rencontrées jusqu’ici, une des choses qui a le plus marqué Alain et Dixie est que la glace fond énormément, même au pôle Nord ! "Il y a de la flotte partout", expliquait Alain, "on doit passer des leads à tout bout de champ, en trouvant des passages ou bien en transformant nos traîneaux en catamarans. Cela est dû probablement aux températures qui se sont fort radoucies ces derniers jours, -18°C hier matin, -11°C hier soir. "

Des conditions aussi « mouillées » sont étonnantes, à cette latitude. "Ce que je ne comprends pas", disait Alain quelques jours auparavant, "ce sont toutes ces jeunes glaces qui nous ont fait souffrir aujourd'hui. […]On se trouve confrontés à un style de terrain - une sorte de marécage - que l'on a pas l'habitude de voir dans cette région de la banquise. Normalement, ici, les glaces sont plus vieilles et plus stables. Mais cette fois, elles sont disloquées et lézardées par des eaux libres comme si tout le paysage avait été bouleversé. C'était vraiment l'enfer, le véritable Arctique…celui qu'on craint, mais aussi celui que nous sommes venus chercher ici".

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Le premier ravitaillement (13-avril-2007)

Alain Hubert et Dixie Dansercoer continuent à avancer à une bonne vitesse en direction du Pôle Nord. Dimanche soir, 8 avril, après 39 jours sur la glace, un hélicoptère les a rejoint pour leur apporter du ravitaillement, indispensable à la survie des deux hommes.

La plupart des expéditions dont le but est de traverser l’Arctique partent de Sibérie et se terminent à l’île d’Ellesmer, ce qui fait un trajet d’environ 1700 kilomètres. L’expédition entreprise par Alain et Dixie est autrement plus ambitieuse : leur but est d’arriver jusqu’à l’extrême sud du Groenland, à plus de 4300 kilomètres de leur point de départ, après environ 4 mois d’aventures.

Pour faire un aussi long parcours, des ravitaillements sont obligatoires. Ces ravitaillements sont organisés par l’équipe qui suit l’expédition, et plus particulièrement par Viktor Boyarsky, qui est chargé de la logistique : c’est lui qui organise tout le nécessaire (achat, transport, etc.) afin que le matériel dont les explorateurs ont besoin leur parvienne en temps voulu.

Ce premier ravitaillement s’est passé parfaitement : il faisait grand beau ; la glace sur laquelle Alain et Dixie avaient voyagés pendant la journée était une glace épaisse ce qui a permis à l’hélicoptère MI8 de se poser sans danger. A son bord se trouvait tout le matériel dont ils avaient besoin et… 9 personnes ! Les épouses d’Alain et Dixie, Viktor Boyarsky, l’une des filles de Gigi et les cinq pilotes du MI8 sont descendus sur la glace. La totalité du matériel a été déposé près du camp. Tandis que les hommes déballaient le matériel pour vérifier la check list, l'épouse d’Alain s'est occupé de télécharger les 700 photos prises jusqu'ici par l'expédition et qui n'ont pas pu être transmises par satellite, étant donné les problèmes de batterie.

"Nous avons aussi pris le temps de boire une bouteille de vin ensemble", a expliqué Alain. "Moi, c'était la première fois que je me fais ainsi ravitailler en expédition et j'ai trouvé cela parfaitement surréaliste. Nous avons passé deux heures et demies ensemble et ce fut un grand moment, je dois dire. J'avais l'impression que ce n'était pas eux qui venaient à nous mais plutôt que c'était nous qui débarquions soudain dans un autre monde..."

Note : Un hélicoptère MI 8 a besoin de cinq pilotes pour voler :
- deux pilotes sont aux commandes, comme dans tout avion
- un cartographe s'occupe de la navigation
- un technicien s’occupe de la radio
- le dernier est « responsable cargo ». C'est lui qui décharge le matériel et qui s'occupe d'aller vérifier, dès l'atterrissage, si la glace est assez solide pour rester à l'endroit choisi.

Zoom sur le ravitaillement
Voici quelques éléments du matériel qui leur a été déposé dans la soirée du dimanche 8 avril : 3 paquets de bandage, 2 bouteilles d'hexomédine transcutanée, 1 jeu de batteries, 2 nouveaux panneaux solaires, 1 sac de couchage, 1 pantalon Hagloff, 1 boîte de cotons tige, 1 thermos, 1 brosse à glace, 1 compas, 4 sacs étanches Hagloff, 10 sacs plastique, 1 pistolet d'alarme, 10 litres de fuel, 21 kilos de fromage coupés en petits dés (du Comté), 500 g de sel, 10 barres de chocolat, 1 kilo de Nescafé, 1 kilo de café, 40 paquets de soupe japonaise, 320 cubes de sucre, etc...

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Coincés dans leur tente, ils reculent ! (30 Mars 2007)

Alain Hubert et Dixie Dansercoer sont coincés dans leur tente depuis plusieurs jours à cause d’une terrible tempête. Pendant ce temps, la glace sur laquelle ils se trouvent dérive et s’éloigne du Pôle Nord ! Impuissants, nos explorateurs reculent !

Cette tempête est arrivée soudainement, sous la forme d’un énorme nuage de poussière de neige : « Soudain, on n'a plus vu à trente mètres,» a expliqué Alain au téléphone. « On avait même de la peine à distinguer le sol à plus de dix mètres autour de soi. En plus, le vent s'est levé pour atteindre 50 km/h en un clin d'oeil. Quant au baromètre, il était descendu jusqu'à 975 hectopascals; on a donc décidé de rester sous la tente et de ne pas sortir aujourd'hui. »

Enfermés dans leur tente, Alain et Dixie sont emportés par la dérive des glaces. Cette dernière est un phénomène particulier à l’Arctique. Ainsi, même au centre de l’océan Arctique où la glace ne fond quasiment jamais, elle ne reste pas immobile mais se déplace constamment, sous l’action combinée des vents et des courants. Tout comme les courants et les vents, la dérive a une direction dominante, mais elle n’est pas constante : elle peut être plus rapide ou plus lente, ou encore changer totalement de direction et même revenir en arrière !

A l’heure actuelle la dérive des glaces contrarie la progression de nos explorateurs. Comme on peut le voir sur la carte de progression, la dérive des glaces les a fait reculer de 21,5 km en une journée !

Cependant ceci ne sera qu’un revers de courte durée pour l’expédition : en effet, d’après la météo locale, le beau temps ne devrait pas tarder à revenir, ce qui permettra à Alain et Dixie de rattraper leur retard.

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L’énergie revient avec le soleil (25 mars 2007)

Bien que Alain Hubert et Dixie Dansercoer avancent vite et bien en direction du pôle Nord, le moral était plutôt bas il y a quelques jours : en effet, sans soleil les explorateurs ne pouvaient pas utiliser les panneaux solaires qui rechargent les batteries du matériel électronique et du téléphone satellite. Or le téléphone satellite, c’est leur sécurité.

Durant une expédition, les explorateurs d’aujourd’hui ont un lien avec le monde extérieur : le téléphone satellite. Ils peuvent ainsi recevoir des informations précieuses, comme des prévisions météorologiques, ou appeler régulièrement leur équipe afin de dire où ils sont et comment ils vont. En cas de problème majeur, le téléphone leur permet également d’appeler des secours. En outre, si les appels réguliers s’interrompent, l’alarme sera lancée et on partira à leur recherche.

Dans toute expédition, les explorateurs doivent emporter avec eux tout ce dont ils auront besoin.On pense évidemment à la nourriture, aux habits ou à la tente, mais on pense moins facilement aux batteries du matériel électronique. Les caméras, l’appareil photo,l’ordinateur et le téléphone satellite sont autant d’appareils qui consomment de l’énergie.

Alain Hubert et Dixie Dansercoer sont partis avec 3 batteries pouvant être rechargées, grâce à des panneaux solaires… s’il y a du soleil. Et c’est là le problème : il y a eu très peu de soleil depuis le début de l’expédition, et les batteries commencent à faiblir ! 2 batteries sont déjà épuisées…

Nos explorateurs devaient appeler moins fréquemment leur équipe, pour économiser l’énergie. Le moral était bas, car les jours de mauvais temps se suivaient. Désormais, le beau temps est revenu et il semble ne plus vouloir s’en aller. Le moral est donc à nouveau bon car Alain et Dixie ont pu recommencer à charger les batteries, malgré le fait que les panneaux solaires soient endommagés. Ils font donc très attention de ne pas les abîmer d’avantage et ne les chargent que le matin, durant les 3 heures de préparation avant leur départ.

Tous les matins, il leur faut 3 heures pour enlever la glace qui recouvre leur matériel, plier les tentes et charger les traîneaux. Pendant ce temps, les batteries se chargent pour leur permettre de continuer à nous communiquer régulièrement leurs impressions ! L’espoir et le plaisir sont donc revenus avec le beau temps :

Cela a été une des plus belles journées",
a expliqué Alain hier au téléphone. "D'abord, nous avons suivi un chenal de plusieurs kilomètres de large. Cela ressemblait à une mer intérieure. Ensuite, le soleil qui brillait sur la banquise et jouait dans le ballet de ces glaces bleues nous a donné des paysages absolument grandioses. Des paysages à couper le souffle..."

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Rencontre avec un ours blanc (16 mars 2007)

Récemment, Alain Hubert et Dixie Dansercoer ont fait une rencontre imprévue sur la banquise Arctique : ils se sont retrouvés nez à nez avec un ours blanc !

Cette rencontre est à la fois merveilleuse (car c’est un magnifique animal) et dangereuse (car un ours peut facilement tuer un homme !). "Ce devait être un male de 4 ou 5 ans qui se trouvait à trois mètres des traîneaux, derrière nous... ", explique Alain, " il devait nous suivre depuis quelques temps parce qu'il avait manifestement faim. Grosse frayeur évidemment. Comme il semblait ne pas vouloir nous quitter, on a dû tirer en direction de ses pattes pour qu'il abandonne enfin la partie. Retournant vers l'endroit de la pause pour voir s'il avait bel et bien disparu, on a vu qu'il avait même mangé les sachets de thé que nous avions laissés sur place..."

Les ours blancs, bien qu’ayant l’air adorables, joueurs et un peu patauds, sont en réalité de dangereux prédateurs, rapides comme l’éclair lorsqu’ils chassent. De plus, les temps sont durs pour eux, à cause du réchauffement du climat en Arctique.

En effet, le territoire des ours blancs est la banquise, sur laquelle ils chassent le phoque tout au long de l’année. Au cours de ces dernières années, la banquise a énormément fondu, , réduisant leur territoire de chasse. Certains doivent même chercher leur nourriture sur la terre ferme et viennent donc errer près des villes ou villages pour y trouver de la nourriture.

Après cette rencontre, nos explorateurs ont poursuivi leur route. Ils ont désormais de bonnes conditions météorologiques, bien qu’ils avancent toujours sur une couche de glace très fine (entre 20 et 40 cm d’épaisseur). La dérive des glaces <lien sur dossier> leur est à nouveau favorable et la neige récemment tombée rend leur progression plus aisée : la neige fraîche et peu profonde permet une excellente glisse !

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Il fait -46°C ! (8 mars 2007)

Alain Hubert et Dixie Dansercoer avancent bien. Malgré le froid et les canaux d'eau libre à traverser, ils arrivent à maintenir une moyenne de 20 kilomètres par jour.

Durant les premiers jours de l'expédition, Alain n'était pas très en forme : il avait des engelures aux doigts, et surtout un important mal au ventre. En réalité, son corps a simplement eu du mal à s'habituer à leur nouvelle nourriture très grasse. En effet, pendant l'expédition, les aventuriers suivent un régime alimentaire très riche parce qu'ils doivent résister à un froid extrême et fournir des efforts physiques énormes. Après quelques jours, le corps s'habitue et le mal de ventre disparaît.

Les conditions météorologiques sont difficiles : bien que la tempête prévue par les météorologues ne les ait pas rejoints immédiatement, elle les a rattrapés le 4e et le 5e jour. La visibilité était toujours quasiment nulle au 6e jour.

D'autre part, la glace sur laquelle ils avancent ne fait que 30 cm d'épaisseur. C'est donc une glace très fine, qui peut se briser à tout moment. Par endroits, on trouve des grands canaux d'eau libre de 50 à 60 mètres de larges, qu'Alain et Dixie doivent traverser.

Ce 7e jour a été le plus froid. En effet, les températures ont atteint -46°C, alors qu'elles atteignaient au maximum -40°C les jours précédents. De plus, le vent ajoute une impression de froid supplémentaire. Lorsqu'ils marchent dans le vent, Alain et Dixie peuvent ressentir des sensations de froid allant jusqu'à - 60°C ! C'est ce que l'on appelle l'effet éolien.

A ces températures, les activités physiques deviennent difficiles. Il faut ajouter à cela que le froid fait geler les patins des traîneaux, les soudant au sol rapidement et rendant leur traction moins aisée. Alain et Dixie marchent par tranches d'environ 5 heures et se réchauffent ensuite dans leur sac de couchage, profitant des moments de pause pour envoyer de leurs nouvelles grâce au téléphone satellite. Hier, Alain a réussi à envoyer quelques photos et un film test en réchauffant l'ordinateur pour l'allumer. Aujourd'hui il fait trop froid : l'écran ne fonctionne pas à ces températures !
La distance parcourue à ce jour est de 134 km, ce qui laisse 785 km jusqu'au Pôle et 647 km jusqu'à Barneo. Il reste donc encore un bon bout de chemin !

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The Arctic Arc - 4300 km à ski à travers l'Arctique: Ils sont partis !

Alain Hubert et Dixie Dansercoer sont partis ce matin. Un hélicoptère les a déposé sur la banquise à quelques dizaines de kilomètres du cap Arktichewski en Sibérie. Ils entament un périple de 4 mois à ski à travers l'Arctique. Ils tenteront d'abord de franchir l'océan en passant par le pôle Nord, puis traverseront le Groenland jusqu'à sa pointe sud, à plus de 4300 km de leur point de départ.

La première partie de cette traversée, entièrement sur la banquise, est la plus risquée. Avec le réchauffement climatique, les glaces arctiques ont fondu ces dernières années, ce qui rend cette traversée de plus en plus difficile. Bientôt, plus personne ne pourra la faire, car les glaces disparaissent au fil des ans : la banquise arctique a diminué de 8% au cours des trente dernières années !

Parmi les dernières expéditions tentées dans cette zone, beaucoup ont dû être interrompues parce que la banquise avait trop fondu. L'expédition tentée par les deux explorateurs Hubert - Dansercoer est vraiment une grande aventure!

Le début de l'expédition s'annonce difficile car c'est dans la nuit que nos aventuriers vont commencer leur parcours. En hiver, c'est la nuit polaire en arctique : le soleil n'y montre même pas le bout de son nez ! De plus, les météorologues prévoient une violente tempête de neige au-dessus de la zone de départ de l'expédition pour les 4 jours à venir. Ils devront affronter des vents violents, des grosses chutes de neige et une visibilité quasiment nulle (de 1 à 4 mètres) !
Afin de ne pas reculer la date de leur départ, ils ont préféré arriver sur la glace avant le mauvais temps, quitte à braver la tempête, pour ne pas perdre de temps. "Si nous restons ici," a déclaré hier matin Alain Hubert par téléphone satellite depuis un aéroport russe "nous risquons d'être bloqués pendant trois ou quatre jours. Pas question d'envisager ce retard ! Nous préférons être déjà sur la glace et nous débrouiller quoi qu'il arrive pour avancer quand même un peu". La surface de la banquise se réduit fortement de l'hiver à l'été, il n'y a donc pas un jour à perdre s'ils veulent parvenir au bout de leur voyage ...

 

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